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Appels au boycott du Salon du Livre de Paris dédié à Israël

18
mar
par MKO
Solidarité | Palestine

Aaron Shabtai dit « non » au Salon du livre de Paris.

Madame Edna Degon, responsable de l’organisation de la présence d’Israël au salon du livre de Paris avait invité Aaron Shabtai, un des plus grands poètes israéliens contemporains, à y participer. Il lui a répondu ce qui suit :

« Je ne pense pas qu’un Etat qui maintient une occupation, en commettant quotidiennement des crimes contre des civils, mérite d’être invité à quelque semaine culturelle que ce soit. Ceci est anti-culturel ; c’est un acte barbare, travesti de culture de façon cynique. Cela manifeste un soutien à Israël, et peut-être aussi à la France, qui appuie l’occupation. Et je ne veux pas, moi, y participer. »


Les appels au boycott du Salon du Livre de Paris dédié à Israël se multiplient.

La célébration en grande pompe par l’Italie et la France du 60e anniversaire de la création d’Israël, prévue à l’occasion du Salon du Livre de Paris (du 14 au 19 mars 2008) et de la Foire du livre de Turin (du 8 au 12 mai 2008), ne passe pas.

De nombreux auteurs et éditeurs arabes, mais aussi des intellectuels européens, ont décidé de ne pas participer à ces deux manifestations et appellent au boycott pour dénoncer la politique menée par Israël en Palestine. Maisons d’édition et organisations d’écrivains du Maroc, d’Algérie, d’Egypte, de Tunisie, du Yemen, d’Arabie saoudite, d’Iran, de Jordanie, du Liban et de Palestine entre autres, souhaitent ainsi exprimer leur solidarité avec les populations civiles palestiniennes de la Bande de Gaza actuellement transformée en véritable prison à ciel ouvert par Israël.

Sans surprise, les amis d’Israël assimilent l’appel au boycott à une démarche antisémite et à un refus de la liberté d’expression. Marek Halter en appelle même carrément Au Secours dans une délirante tribune publiée par le journal Le Monde, jugeant que comme sous Caligula et Hitler, l’Europe est aujourd’hui en train de brûler les livres des Juifs, première étape avant de brûler les Juifs eux-mêmes.

Tous estiment non sans un certain manichéisme qu’on ne doit pas « punir » les écrivains israéliens — dont certains tels Amos Oz ou David Grossman sont des opposants qui œuvrent sincèrement pour la paix — et que la littérature ne doit pas s’encombrer de questions politiques. L’argument reste cependant un peu court dans la mesure où il convient précisément de distinguer entre littérature et politique.

Toute manifestation d’ampleur nationale célébrant la culture d’un pays « invité d’honneur » prend forcément, et même peut-être avant tout, un sens de soutien politique. Des pays pratiquant comme Israël une politique d’apartheid, comme ce fût par exemple le cas de l’Afrique du Sud, ont eux fait en leur temps l’objet d’un vaste boycott de la part de la communauté internationale.

À l’heure où l’Etat d’Israël entend célébrer aux yeux du monde le soixantième anniversaire de sa création, la France en lui donnant la vitrine de son Salon du livre signifie clairement qu’elle prend aujourd’hui fait et cause pour sa politique et donc qu’elle soutient ses violations des Droits de l’Homme, ses crimes de guerre et ses crimes contre l’humanité.

Afficher cette « caution morale » sous forme d’un Salon dédié au Livre, autrement dit à l’humanisme et à la tolérance, relève même en plus d’un certain cynisme comme le relève Aaron Shabtaï, seul parmi les 39 écrivains israéliens invités à refuser de faire partie de la délégation de son pays.

L’écrivain indique qu’il boycottera à titre personnel « tant la Foire du livre de Turin que le Salon du livre de Paris » car selon lui, « un État qui maintient une occupation, en commettant quotidiennement des crimes contre des civils, ne mérite pas d’être invité à quelque manifestation culturelle que ce soit. Ceci est anti-culturel ; c’est un acte barbare cyniquement camouflé en culture. »

Du côté des autorités françaises, on se borne à confirmer que l’inauguration officielle du Salon du Livre de Paris se tiendra bien le 13 mars en présence des deux chefs d’Etat français et israélien, Nicolas Sarkozy et Shimon Peres.

Le Quai d’Orsay défend la présence d’Israël comme invité d’honneur et tente de minimiser les réactions hostiles générées par le conflit israélo-palestinien. Pour le ministère français des Affaires étrangères, il ne s’agit ainsi que de critiques émanant d’organisations privées.

Il n’empêche que l’initiative est manifestement inspirée par la très influente Ligue arabe et que les auteurs, les éditeurs et les gouvernements des pays arabes semblent en passe d’appliquer massivement la consigne de boycott.

Plus officieusement, la politique extérieure menée par le très pro-israélien Nicolas Sarkozy à l’Elysée n’est sans doute pas non plus étrangère à cette décision de boycotter le Salon du Livre de Paris.

Posté par Adriana Evangelizt

sur République des Lettres



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