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Revolte de la population de Sidi Ifni (Maroc)

20
jui
par MKO
Solidarité | Maroc

Sidi Ifni est une petite localité de 20 000 âmes, port de pêche, située au sud ouest à 900 Km de Rabat, et frontalière avec le Sahara occidental . Cette ville berbère contestataire se retrouve pour la troisième fois depuis 2006, sous les lampions, en raisons des violentes manifestations qui l’on secoué. D’après des acteurs associatifs opérant à Sidi Ifni, plusieurs dérapages ont été constatés : « coup et blessures, vols, destructions de biens, harcèlements sexuels et viols ». Ahmed Zahid, président de la section du Parti socialiste unifié à Sidi Ifni a été arrêté et battu. « Son camarade, Ahmed Merrakchi, un correspondant étranger et deux journaliste d’Al Massae, ont eu droit au même traitement », témoigne une source. Le plus grave, ce sont les agressions sexuelles qu’auraient subies certaines femmes : « Plusieurs témoignages de victimes ont été recueillis. Trois au quartier de Boulâam et deux à Colombina », selon la section de l’AMDH à Tiznit. Certains agents auraient aussi « fait preuve de vandalisme ». Par mesure de sécurité, des parents ont envoyé leurs enfants vers d’autres villes. « Peu d’élèves se sont rendus aux examens de la 1re année du baccalauréat », selon des témoignages. ( sources L’Economiste )

Dans le sud tunisien, pendant ce temps, rapporte le journal le Monde, la région de Gafsa (120 000 habitants) s’enflammait à nouveau. Vendredi, un jeune de 25 ans a été tué par balles à Redeyef (l’un des quatre bassins miniers de Gafsa), lors d’affrontements avec les forces de l’ordre. Déjà, en mai, un jeune manifestant était mort électrocuté alors qu’il tentait de couper des câbles électriques. A l’annonce de ce nouveau décès, la colère a été telle que l’armée a été appelée en renfort et s’est déployée, samedi, à la place de la police.

Voilà cinq mois que les quatre bassins miniers de Gafsa, ville déshéritée de l’intérieur où le taux de chômage dépasse les 30 %, sont secoués par des émeutes.

Ifni comme Redeyef, ont comme point commun, une injustice dans les recrutements, c’était la goutte qui débordait le vase.

A Redeyef, 81 postes ont été proposés pour 1000 candidat, et à Ifni, la municipalité a retenu 8 postes pour plusieurs centaines de candidatures

Selon le journal Liberté, ce sont les conditions sociales précaires qui ont fait sortir des citoyens tunisiens de Redeyef et les marocains d’Ifni. Dans les deux cas, les manifestants ont donné libre cours à leur ire. Ils ne se sont pas privés de dénoncer les pratiques des administrations publiques que sont le favoritisme et la bureaucratie dans l’attribution des postes de travail – pour une fois qu’il y en avait. L’augmentation des prix de produits de première nécessité n’est certainement pas étrangère à cette expression de colère, laquelle a été, bien sûr, sévèrement réprimée par la force, ajoutant à la frustration générale.

Florence Beaugé, envoyée spéciale de Le Monde dans le Maghreb, analyse dans son article « Troubles sociaux Meurtriers au Maroc et en Tunisie » les causes de ses émeutes qui ont touché, les deux villes Ifni au Maroc et Redeyef en Tunisie . Si le bilan Marocain reste incertain, les différents témoignages convergent vers un nombre de morts qui pourrait se situer entre 2 et 10.

Les différentes vidéo visibles dans youtube et Dailymotion filmés par des habitants d’ifni, montrent les méthodes musclées des forces anti-émeutes, et les violations des droits élémentaires des citoyens de cette ville, telles que les violations de domiciles, et l’extraction avec brutalité des jeunes de leurs domiciles. Bien que le gouvernement Marocain conteste ces chiffres, Florence Beaugé nous indique que l’hopital d’ifni est bouclé par la police, et que donc la presse n’est pas autorisée à s’y rendre, ce qui alimente les spéculations sur le nombre réel des morts . A ce jour, ces deux villes sont toujours sous tensions, et leurs situations sont réellement graves . Le site yabiladi.com évoque même la fuite des jeunes d’IFNI à la montagne .

Voici donc le terreau idéal qui pourrait intéresser les Islamistes, et à défaut d’une réelle prise en charge urgente et efficace , Le Maroc, comme la Tunisie courraient le risque de voir la souffrance de ses populations récupérer par les macabres marchands d’el Qaida ou autre violences, et voir les terroristes qui n’auraient aucune difficulté à rallier les désespérés à leur causes.



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